« Sorti du silence » – Concert découverte

le 26 avril 2012 à 20:00

Olivier Greif  vers 1985

JEUDI 26/04/2012 à 20H00 CONCERT DÉCOUVERTE « SORTI DU SILENCE »

Œuvres d’Olivier Greif

Trio : Amélie Lagarde, violon; Thomas Engelen, violoncelle; Lucas Lemage, piano

Sonate de Requiem : Mari Ishihara, violoncelle; Thierry Bouillet, piano


Olivier Greif, quelques repères…

1950-2000. Déchirante à maints égards, la mort précoce d’Olivier Greif fait que son œuvre est entrée dans l’Histoire avec le passage au siècle nouveau. Olivier Greif s’est toujours voulu libre, au-dessus de la mêlée. Issue d’une famille juive d’origine polonaise établie à Paris, il se sentait citoyen du monde. Excepté deux tardifs concertos, cette musique instrumentale est essentiellement « de chambre », à l’image du parcours du compositeur. Enfant surdoué, parlant le piano aussi tôt que les mots, Olivier Greif entre à dix ans au Conservatoire de Paris où il accomplit de brillantes études qui culminent dans un premier prix de composition en 1967. Il a dix-sept ans. Il passe deux ans aux Etats-Unis, dont plusieurs mois auprès de Luciano Berio qui enseignait alors à la Juilliard School de New York. De retour en France, c’est l’aventure de l’Académie-Festival des Arcs qui accapare le jeune Greif. Il accumule alors des pages pour piano avec violon ou violoncelle ou voix.

Pianiste prodigieux, déchiffreur « surnaturel », il pétrit son clavier à longueur de journée, même s’il ne le travaille jamais. Mais pour chanter une élégie sans texte, rien ne vaut de s’adjoindre la voix du violoncelle. « La Sonate de Requiem a été écrite au début de 1979, à la suite de la mort de ma mère. Elle m’a été dictée autant par la volonté de déplorer la perte d’un être cher que par celle de montrer que la mort ne marque pas la fin de la vie : elle est un des épisodes qui jalonnent l’évolution humaine », rapporte Olivier Greif peu après la composition de l’œuvre qui connaît une magnifique création, le 27 mars 1979 à Paris, par le compositeur au piano et Frédéric Lodéon.

En 1998, vingt ans après la Sonate de Requiem, Olivier Greif compose un Trio pour piano, violon et violoncelle. L’œuvre réunit les trois instruments consubstantiels à la pensée du compositeur. En septembre 1998, à l’achèvement de son Trio en vingt jours de travail effectifs, Olivier Greif notait dans son Journal: « Je n’ai jamais autant composé de ma vie. Si je m’interroge pour découvrir les raisons de cette profusion, je comprends que c’est parce que je n’ai rien d’autre dans la vie que ma musique. Si je cesse de composer, je meurs ». Cette phrase d’Albert Camus tirée de L’Énigme, ne résumerait-elle pas l’incessante quête musicale et spirituelle d’Olivier Greif? « Au centre de notre œuvre, fût-elle noire, rayonne un soleil inépuisable ». (D’après Brigitte François-Sappey)

Salle de l’Imep, 28 rue Juppin – 5000 Namur

P.A.F : 5€ et 3€ (seniors, étudiants)