« La vie parisienne » d’Offenbach
le 25 mars 2012 à 15:00les 16-17-22-24 mars 2012 > 20h00
les 18-25 mars 2012 > 15h00
La classe de chant – le choeur – l’ensemble instrumental de l’IMEP
Opéra-bouffe en 4 actes Jacques Offenbach (1819-1880)
Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy
Direction artistique et mise en scène: Françoise Viatour
Direction musicale: Daniel Thonnard
Direction des chœurs: Michel Jaspar
Costumes: Patricia Houssiaux
Éclairages: Rudi Mauel
À l’occasion de son quarantième anniversaire, l’IMEP et son département de chant s’étaient engagés avec force, audace et conviction dans une auto-production, les « Dialogues des Carmélites », opéra remarquable à plus d’un titre.
Un rendez-vous réussi avec de l’émotion, un professionnalisme confirmé et un public nombreux, conquis et parfois malheureusement déçu de ne pas avoir trouvé de places disponibles lors des quatre spectacles qui ont fait salle comble à l’IMEP!
Après ce merveilleux succès artistique, quelle production pouvions-nous envisager?
La répartition des voix, l’analyse des forces vives présentes, le développement des classes et l’envie d’immerger nos étudiants dans des styles musicaux différents nous ont conduit à prendre le contre-pied de notre première production et vous proposer un opéra-bouffe haut en couleur: « La Vie Parisienne » de Jacques Offenbach.
Un projet qui s’inscrit dans la logique et la cohérence d’une pédagogie spécifique à notre Institution où le chant constitue un axe majeur dans la formation musicale de l’ensemble de nos étudiants, toutes disciplines confondues.
La participation d’étudiants non spécialisés en chant notamment dans les choeurs confirme cette spécificité que l’IMEP revendique et qui nous porte à collaborer avec des Institutions prestigieuses telles que le CAVEMA – Centre d’art vocal et de musique ancienne – dans le cadre de productions professionnelles de grande envergure.
Cette nouvelle production « La Vie Parisienne » ne déroge pas à la règle et fait appel à la créativité, la recherche et la pluridisciplinarité. Des étudiants d’univers musicaux différents, dont les spécificités se rejoignent et se complètent, s’associent pour vous proposer avec générosité, humour et talent ce nouveau spectacle.
Je suis dès lors particulièrement heureux de partager avec vous, chers amis de l’IMEP, ce spectacle flamboyant et vous invite très cordialement à rejoindre tous les acteurs exubérants de ce petit monde exalté, fait d’apparences, de rebondissements et d’imprévus.
Un seul objectif : faire la fête ensemble!
Guido Jardon
Directeur de l’IMEP
Mise en scène, ligne pédagogique
Connaissez-vous cette citation de Walter Benjamin? « De même que le bavardage scelle l’asservissement du langage à la bêtise, de même l’opérette scelle la transfiguration de la bêtise par la musique ».
Mais que cette musique est simple ! Il vous suffit de suivre deux ou trois ans d’harmonie classique et vous en repérerez facilement les règles de base dans la grammaire d’Offenbach ! Face à cette simplicité, quelle attitude adopter ? Ne devrions-nous pas nous méfier des préjugés et des catégories bien apprises de l’analyse musicale et nous demander si cette notion de simplicité ne cache pas aussi celle de légèreté ? Et dans ce cas, de quelle légèreté s’agit-il ? Cache-misère ou au contraire projet esthétique ? Si cette partition touche la musique dans ce qu’elle a d’essentiel, ne pourrait-on pas alors dire d’elle « géniale simplicité »…
La difficulté de l’interprétation est cependant d’autant plus grande qu’elle concerne moins la lettre que l’esprit qui, lui, fait tout le sel de cette musique. Oui, mais rien à voir avec la musique savante, me rétorquerez-vous… C’est vrai. L’opérette est vraiment un genre à part. Camille Saint-Saëns la décrit ainsi : « une fille de l’opéra qui aurait mal tourné, mais les filles qui tournent mal ne sont pas toujours sans agrément ! ».
À quoi la Vie parisienne doit-elle donc son succès ? On reconnaît à Offenbach son sens de la dramaturgie, sa musique brillante et ses effets musicaux qui ponctuent ou prolongent les actions. La complicité entre musique et texte est aussi remarquable. Offenbach et ses librettistes, Meilhac et Halévy, avaient conçu cet ouvrage comme un miroir de la société parisienne à la veille de l’exposition universelle de 1867. « L’opérette d’Offenbach a eu une action très profonde, car elle a tourné en ridicule toute la culture surannée de l’Occident. L’opérette d’Offenbach a joué le même rôle que la comédie d’Aristophane, elle a été pareillement le symptôme de la fin d’une civilisation, et c’est pourquoi elle a rempli une mission. » (August Steinberg)
Aujourd’hui, c’est une autre époque, et pourtant, la Vie parisienne continue à plaire au public ! En fait, Offenbach est génial tout simplement parce que tout le monde l’aime, n’allons pas chercher plus loin ! « Il y a de tout dans son inépuisable répertoire : l’entrain qui soulève une salle, les gros éclats de rire qui plaisent aux uns, l’esprit parisien qui charme les autres et la note tendre qui plaît à tous, parce qu’elle vient du cœur et va droit à l’âme. » (Albert Wolff)
Ne cherchons pas à donner de la profondeur à l’opérette : elle serait alors forcée de renier ses origines et verserait dans le rationalisme. L’opérette est une étrange entreprise qui consiste à faire rire les honnêtes gens.
Pour les étudiants, vivre en son cœur la préparation d’un spectacle comme une opérette a quelque chose de passionnant et d’envoûtant, le tempo général de l’œuvre doit être vif et se travaille comme un vaudeville. L’acteur chanteur va devoir gérer et coordonner plusieurs paramètres à la fois car l’opérette est un spectacle complet qui alterne les numéros chantés, dansés et le texte parlé. L’opéra bouffe est donc une matière pédagogique très intéressante, elle amènera l’étudiant à visiter différentes techniques scéniques.
En tant que spectateurs et auditeurs, écoutons et regardons le théâtre offenbachien, surprenons-nous à rire aux éclats, applaudissons sans retenue, pour peu on pourrait même danser…
Françoise Viatour
Direction artistique et mise en scène
Distribution
Gabrielle : Julie Prayer (16 – 18- 24) Manon Poskin (17 – 22 – 25)
Métella : Marie-Catherine Baclin (16 – 18 – 24) Raphaële Nsunda (17 – 22 – 25)
Pauline : Pauline Yarak
La baronne de Gondremarck : Ludivine Scheers
Le baron de Gondremarck : Ando Razananaivo
Bobinet : Yannick Taymans
Raoul de Gardefeu : Pierre Derhet
Frick : Guillaume Houcke
Le Brésilien : Jordan Lehane
Urbain : Kamil Ben Hsain Lachiri (16 – 18 – 24) Corentin Eubelen (17 – 22 – 25)
Gontran: Maxime Melnik
Les petites femmes de ménage : Doris Brasseur, Edwina Kruk, Amandine Lison, Marie-Agnès Jean, Agnès Lecouvet, Margaux de Valensart, Rosalie Boël, Uliana Stryuchkova, Aurore Bureau, Floriane Petit.
Le clochard : Jérémy Herbiniaux/Michel Lambert
Chœur : Juan-Antonio Balcazar-Quinones, Kamil Ben Hsain Lachiri, Aurélie Berthe, Agnès Bolly, Aurore Bureau, Daniel Chagolla-Angulo, Milan Cosnefroy, Lise Denayer, Margaux de Valensart, Corentin Eubelen, Géraldine Forthomme, Sharon Hobin, Célestine Hubert, Michel Jaspar, Marie-Agnès Jean, Céline Jemine, Emmanuel Junk, Edwina Kruk, Agnès Lecouvet, Amandine Lison, Coralie Louis, Marie-Hélène Maréchal, Maxime Melnik, Claudine Quenon, Marine Smets, Uliana Stryuchkova, Hélène Stuyckens
Les élèves de 7ème artistique « MAQUILLEUR, POSTICHEUR » de l’Institut Saint Joseph de Jambes ont réalisé les maquillages et les coiffures de ce spectacle sous la direction de Madame Rosa Leone et Madame Anne Derouck.
Synopsis de l’opéra
Acte I
La scène représente la gare de l’Ouest et son tourbillon d’employés du chemin de fer, très euphoriques. Deux jeunes galants, Raoul de Gardefeu et Bobinet, qui font semblant de ne pas se connaître, attendent la même personne, leur maîtresse Métella. Celle-ci descend du train au bras d’un troisième soupirant et feint de ne pas reconnaître ses deux autres amoureux. Face à cette trahison, Gardefeu et Bobinet se réconcilient et décident d’abandonner le vice pour la vertu. Bobinet part ainsi courtiser une comtesse et Gardefeu se déguise en guide attaché au Grand Hôtel pour prendre sous son aile deux touristes suédois, le baron et la baronne de Gondremarck, qui débarquent dans la capitale pour goûter aux plaisirs de la vie parisienne.
Pendant que le chœur des voyageurs venant de tous pays déboule dans la gare, un Brésilien, pris de vertige pour les folies parisiennes, demande qu’on le dépouille de son or, de ses banknotes et de ses bottes mais qu’on l’aime en échange. Il résume ainsi avec génie les aspirations de la foule de touristes qui envahit Paris, nouvelle Babylone de la perdition au milieu des désirs et des désillusions.
Acte II
Un salon chez Gardefeu. Gabrielle, la jolie gantière, et Frick, le bottier allemand, viennent livrer les gants et les bottes au Vicomte. Gardefeu a installé les Suédois dans son hôtel particulier en leur laissant croire qu’ils se trouvent dans une annexe du Grand Hôtel. Le baron de Gondremarck ne cache plus ses désirs masculins très déboutonnés et précise à Gardefeu qu’il est venu à Paris pour « s’en fourrer jusque-là », aidé en cela par une lettre de recommandation adressée à une certaine Métella.
Pour bien commencer la soirée, le Baron veut profiter de la table d’hôte, afin d’éviter de dîner en tête-à-tête avec la Baronne. Gardefeu, qui n’a pas prévu de table, invite aussitôt sa gantière et son bottier à dîner et leur recommande de se déguiser – elle en veuve d’un colonel, lui en major Édouard – et d’amener une dizaine de leurs amis, tous immigrés de même origine.
L’arrivée de Métella complique un peu plus la situation. Voyant la Baronne installée chez Gardefeu, Métella, jalouse, exige une explication. Mais Gardefeu lui remet la lettre écrite par le baron de Frascata, un Suédois qui connut Métella naguère et qui lui recommande son ami Gondremarck. Cette page amoureuse et tendre, que Métella lit à haute voix, contraste avec l’esprit jouisseur du Baron, le locataire de Gardefeu, qui vient juste d’arriver. Il se présente alors à Métella qui, très digne, lui annonce qu’elle lui donnera la réponse dans quelques jours.
Les convives commencent à affluer. Frick, déguisé en vrai major de table d’hôte, maîtrise son nouveau rôle à merveille. La jolie gantière Gabrielle, en Madame de Sainte-Amaranthe, joue la délicieuse veuve d’un colonel mort à la guerre, et fait tourner la tête du Baron. Au son de la triomphale tyrolienne de Gabrielle, les convives passent enfin à la table car la faim libère les énergies collectives, aussi tonitruantes que gourmandes.
Acte III
Le grand salon de l’hôtel de Quimper-Karadec, dont dispose Bobinet. On s’y prépare fébrilement à recevoir les illustres étrangers. Bobinet inspecte les domestiques qui vont se déguiser en personnages hautement excentriques. Pendant que Prosper, en maître d’hôtel, réglera les entrées et les sorties, Pauline, elle, mènera le bal.
Le baron de Gondremarck se présente le premier, suivi du général Malaga de Porto-Rico et du prince de Manchabal. Puis Pauline en « amirale » s’empresse de courtiser tendrement le Baron, qui se laisse enjôler, s’endormant presque de bonheur sur le canapé. Tous les invités sont parés des titres les plus ronflants. Gabrielle, dans ses habits de deuil, chante les attraits d’une Parisienne coquette, élégante et froufroutante. Le majordome annonce l’arrivée de l’amiral. C’est Bobinet, lequel n’a pas pu rentrer dans son habit, qui a fini par « craquer dans le dos ». Ce mini-drame clownesque prépare les convives à la griserie du souper. Griserie d’autant plus excitante qu’on aura pris la peine de congédier les domestiques, pour mieux se défouler et pour ne pas être gêné quand on fera un tas de bêtises. C’est alors une folie pure qui s’empare de tous, jusqu’à l’enivrement général.
Acte IV
Au Café Anglais du Boulevard des Italiens, un grand restaurant à la mode, à minuit. Dans l’un des salons, un souper sera offert par le Brésilien. En attendant, les garçons écoutent les recommandations du maître d’hôtel : ici il faut savoir fermer les yeux…Pour rester en tête-à-tête avec Métella, le baron de Gondremarck a réservé un cabinet particulier. Il espère une réponse agréable à la lettre de recommandation, mais les farces que lui joue Gardefeu le mettent de mauvaise humeur. De surcroît Métella, comme hantée par le souvenir d’un jeune homme qu’elle aima autrefois, décrit au Baron le rituel de la débauche et le vide qui se cache derrière les froufrous. Elle lui propose finalement de dîner non pas avec elle mais avec l’une de ses amies qui vient d’arriver masquée. C’est la jolie baronne de Gondremarck, que Métella a sauvé du guet-apens préparé par Gardefeu. Sans reconnaître sa femme, le Baron l’installe dans un cabinet, lui fait servir à manger seule et court chercher Gardefeu.
La joyeuse bande de fêtards fait alors irruption, avec le Brésilien qui est tombé amoureux fou de Gabrielle. Surgit alors le baron de Gondremarck qui demande obstinément réparation à Gardefeu. On s’explique et le baron doit aussitôt reconnaître que, tout compte fait, il s’est très bien amusé, et qu’il a bien bu et bien mangé. La querelle terminée, la Baronne accepte de pardonner ses frasques au Baron et tous vont souper joyeusement, à la gloire de la vie parisienne (Michel Pazdro).
P.A.F : 10 euro – 5 euro (seniors, étudiants) gratuit – 17 ans
UNIQUEMENT SUR RESERVATION :
par mail : mariereine.capelle@info-imep.be
ou
appel au 0470/35 28 23 seulement entre 10h et 12h du lundi au vendredi




