L’IMEP et la recherche
Se voulant un Institut ouvert sur le monde et l’innovation, l’IMEP soutient ses enseignants et ses anciens étudiants dans la recherche de programmes et de démarches innovants dans le domaine de la musique. C’est ainsi que deux projets de recherche se développent au sein de l’établissement en collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux.
Création d’un logiciel d’aide à l’apprentissage des paramètres du son et au développement de l’audition musicale
Le projet Kulitta (1) développé à l’IMEP utilise les ressources de l’informatique pour créer un logiciel d’aide à l’apprentissage des différentes caractéristiques du son afin de contribuer à l’enrichissement de l’audition musicale. L’ordinateur offre, en effet, une richesse unique de possibilités. Il permet de mettre à disposition un univers quasi illimité de sons considérés dans leur extrême diversité : sons instrumentaux et vocaux, sons de la nature, sons de l’environnement, sons synthétisés.
La banque de données des différents types de sons est le cœur du logiciel Kulitta.
Elle alimente les exercices d’aide à l’apprentissage progressif des paramètres du son (hauteur, durée, intensité et timbre) ainsi que de la rythmique (pulsation et rythme). Ils sont personnalisés en fonction des différents publics cibles et complétés par des notions pédagogiques et théoriques.
Le dialogue de l’apprenant avec les fonctionnalités du logiciel fait appel à des interfaces homme-machine conviviales relevant de deux orientations de recherche. La première vise à créer des « Serious games » où l’utilisateur est immergé dans un scénario. Les interfaces multimodales caractérisent la seconde orientation de recherche ; elle a pour but d’étudier si le recours à différents dispositifs sensoriels et tactiles d’interaction contribue à améliorer le processus d’apprentissage, en ce compris la mémorisation.
La généricité du logiciel doit permettre une personnalisation de la banque des sons et des exercices en fonction de différents publics cibles (jeunes enfants, musiciens débitants, musiciens professionnels) et de différentes cultures.
L’expérimentation du logiciel Kulitta est conçue de façon à permettre sa diffusion dans les lieux d’apprentissage de la musique ainsi que dans le milieu familial.
Si le domaine d’application premier du projet Kulitta est celui de l’audition musicale, on notera que l’approche peut être étendue à d’autres domaines tels que l’assistance à la reconnaissance de consonances propres à une langue étrangère par comparaison avec la langue maternelle de l’apprenant ou à l’étude des sons propres à un métier (ex. les sons typiques de moteurs en mécanique automobile).
(1) Nom d’une déesse Hittite de la musique
Prévention des pathologies liées à la pratique musicale
Depuis les vingt dernières années, force est de constater que nous assistons à une augmentation significative du nombre de pathologies musculaires, tendineuses, neuro-musculaires et neurologiques liées à la pratique musicale
Une étude américaine datant de 1986 montrait que 66% des musiciens d’orchestre interrogés présentaient une pathologie légère ou grave liée à la pratique de leur instrument avec comme conséquences des interruptions de carrière momentanées ou pires définitives !
Des études plus récentes montrent que ce taux a grimpé à 80%.
Cette situation est évidemment préoccupante et amène à s’interroger sur les causes d’un problème d’une telle ampleur. Il est très difficile de pouvoir les cerner toutes, mais celles qui semblent les plus évidentes sont liées à des pratiques intensives. Il faut également mettre en exergue l’omniprésent facteur de stress et la pression permanente exercée sur le musicien étudiant ou professionnel.
Dans le cadre de l’IMEP, où la mission d’enseignement porte sur la maîtrise instrumentale et vocale mais également sur la pédagogie musicale, il semble évident que les différents acteurs (professeurs et élèves) soient directement concernés par cette notion de prévention des pathologies liées à la pratique instrumentale ou vocale. A l’Institut, il a été décidé d’intégrer dans le cursus les notions de prévention.
Tout au long de l’année scolaire, il est proposé aux étudiants de l’IMEP des sessions de prise de conscience de leur attitude corporelle et gestuelle.
Concrètement, chaque étudiant est filmé à l’instrument, en train de jouer (et de chanter pour les chanteurs). Ensuite, chaque enregistrement est analysé et commenté pour que des enseignements puissent être immédiatement tirés et des solutions mises en application.
Ces enregistrements et commentaires sont complétés par des exercices visant à normaliser les longueurs des chaînes musculaires et articulaires du corps. Ils font l’objet d’explications et de démonstrations que chacun pourra expérimenter.
Depuis septembre 2010, un laboratoire posturo-acoustique a également été mis en place afin d’étudier et de mettre en évidence les différents facteurs permettant d’optimaliser la position ergonomique à l’instrument dans l’objectif de donner les moyens au musicien de pouvoir contrôler le son qu’il souhaite produire.
Le concept est de passer d’un système de rétrocontrôle à celui d’anticipation (feed-back to feedforward).
Un colloque organisé à l’IMEP en Janvier 2012, permettra de découvrir les évolutions du laboratoire de posturoacoustique de l’Institut ainsi que les contributions de laboratoires partenaires de bio-ingéniérie dans la pratique du chant.
Ce laboratoire de posturoacoustique vient d’être présenté récemment dans des congrès internationaux : à Agrigento, Ravena et Florence (Italie), à San Francisco, à Santa Clara University School (USA) et à Cracovie (Pologne). Ces congrès s’adressaient à des médecins, ingénieurs, professeurs de chant et de formation corporelle.
Manifestement, ce projet novateur initié à l’IMEP intéresse fortement la communauté scientifique et musicale internationale et mérite donc de se développer.



