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Ayrton Desimpelaere, le jeune chef surdoué à Liège !

Ayrton, le jeune chef surdoué à Liège !
(Article de Marie-Françoise Gihousse, l’Avenir 16/10/2018)

Il porte un prénom de coureur automobile, mais sa passion, c’est la musique.
Ayrton Desimpelaere va diriger son premier grand opéra à Liège.

Je ne pense pas que mes parents étaient fans de Formule 1 mais qu’ils appréciaient la personnalité d’Ayrton Senna. Ma mère voulait d’abord m’appeler Tristan. Puis elle a préféré Ayrton elle trouvait ça plus original.

Le Mouscronnois Ayrton Desimpelaere a 28 ans à peine. Mais depuis qu’il a été choisi en 2015 pour diriger la demi-finale du Concours international Tchaïkovski à Moscou, le monde de la musique sait qu’il faudra compter avec ce jeune prodige dans les prochaines années.

Le solfège plutôt que la danse

Pourtant rien ne prédestinait le jeune Ayrton à la musique. Pas un seul musicien dans la famille mais une enfance un peu solitaire qui va le pousser à fréquenter une académie. Il y commence le solfège puis le piano parce que la danse (il s’y voyait bien), c’est quand même beaucoup de filles… « Ça a été très vite. J’ai aimé le solfège puis le piano et de fil en aiguille je me suis retrouvé à 14 ans à Paris où j’ai poursuivi ma formation aux conservatoires de Paris et de Versailles et où j’ai découvert à 17 ans la direction de chœurs. J’y ai aussi fondé à 18 ans un premier orchestre. »

De retour en Belgique et de plus en plus intéressé par la direction, ce qui le mènera jusqu’à Moscou, Ayrton Desimpelaere va petit à petit se passionner pour la voix. « Diriger un chœur c’est un travail polyphonique. D’un point de vue musical la voix est vraiment l’instrument le plus important. » De la voix à l’opéra il n’y a qu’un (minuscule) pas. Même si, diriger un opéra est un défi « énorme mais passionnant ». « À mon retour Moscou, j’ai posé ma candidature au poste d’assistant à la direction d’orchestre à l’Opéra royal de Wallonie à Liège. J’ai été engagé et j’y travaille depuis deux ans. L’assistant c’est la deuxième oreille du chef, son bras droit. Et côté formation et expérience, je peux dire que j’ai tout appris ici avec le chef Paolo Arrivabeni qui était alors directeur musical ! »

Son premier opéra

Mais dès vendredi soir ce n’est plus comme second couteau qu’Ayrton Desimpelaere officiera puisqu’ il sera bel et bien à la direction du second opéra de la saison lyrique liégeoise, Il matrimonio segreto de Domenico Cimarosa, un contemporain de Mozart. Un opéra drôle – d’ailleurs présenté à Liège en partenariat avec le Voo Rire festival – considéré comme un chef-d’œuvre. « Cimarosa n’est pas aussi connu que Mozart ou Rossini mais Le mariage secret n’a pas un défaut, le ton est léger, la musique n’a pas de lourdeurs. C’est une œuvre qu’on devrait jouer plus souvent. C’est vrai qu’il n’y a pas de chœur mais plusieurs ensembles de solistes importants et un réel travail polyphonique. Si on aime Mozart… »

Fan de Disney

Si le jeune chef continuera son travail d’assistant à Liège au moins jusqu’à la fin de la saison, il a aussi d’autres cordes à son arc et une vie un peu namuroise puis qu’il dirige le Namur Chamber Orchestra et donne cours à l’IMEP, l’institut supérieur de musique et de pédagogie. C’est dans ce cadre qu’il dirigera deux concerts les 27 et 28 avril 2019, à Liège et Namur et avec l’orchestre de l’Opéra royal de Wallonie « Ce sera la clôture du premier concours international d’art lyrique de Namur que l IMEP organise en avril prochain ».

Et comme si ce n’était pas assez le jeune homme qui avoue aimer la musique contemporaine mais avoir un faible – actuellement – pour les grands répertoires lyriques italien et français est aussi un fan de Disney. « J’ai un peu honte de l’avouer confie-t-il j’aime tout chez Disney Je suis même collectionneur… C’est un monde onirique. Quand on est en grande période de stress écouter par exemple la musique de Robin des Bois ça fait un bien fou ! »

Il matrimonio segreto du 19 au 27 octobre à Liège (ORW ) et le 7 novembre au PBA de Charleroi
https://www.operaliege.be

Ayrton Desimpelaere, un tout jeune chef à l’assaut d’un chef-d’œuvre équivoque
(Mad du mercredi 17 octobre 2018)

Entretien

L’ORW reprend la production de Stefano Mazzonis du chef-d’œuvre de Cimarosa. Un chef-d’œuvre incontesté mais méconnu, tant il recèle d’ambiguïtés au carrefour des bouleversements que va connaître le monde musical. Un tout jeune chef va le défendre, Ayrton Desimpelaere. Il nous explique sa conception d’une œuvre captivante.

Passer du rôle d’assistant à celui de chef responsable musical d’une production, n’est-ce pas un fameux saut ?

C’est un sacré défi, mais en même temps je l’affronte avec des gens que je connais. Je peux donc l’aborder dans un mélange de confiance et de sérénité car les musiciens sont très bienveillants à mon égard. Il n’empêche que cette fois, je ne leur passe pas les idées d’un autre mais je suis libre de faire mes choix. Je ne change pas ma manière de travailler et conserve ma volonté d’aller au bout des choses.

Et « Il matrimonio segreto » est une partition où il faut faire des choix.

Elle est à mi-chemin de Mozart et Rossini. Très classique de conception, elle n’en recèle pas moins les ferments de ce que va devenir l’opéra italien jusqu’à Verdi. C’est une musique précise et brillante où un chef peut montrer ce dont il est capable mais je crois qu’il faut aller plus loin. Elle justifie une densité et une gravité que l’enregistrement de Daniel Barenboim (DG) restitue avec une dynamique époustouflante. L’orchestre repose surtout sur les cordes et il faut lui donner une énergie et une variété de jeu qui en restitue tout le dramatisme sous-jacent.

Avez-vous un exemple en tête ?

Le quatuor du premier acte a un côté très dramatique. Il est nécessaire de mettre l’accent sur les mots pour lui donner toute sa portée. L’œuvre comporte d’ailleurs de nombreux ensembles où se passent vraiment les choses importantes. Il n’y a pas de chœur mais la conjonction des six protagonistes nous vaut des scènes d’une ampleur redoutable. Il faut leur rendre leur tonus sans rien perdre de la continuité de l’ensemble. L’œuvre a besoin de variété dans les tempos et la dynamique bien au-delà des continuelles indications de « staccato » et de « largo » qui fourmillent dans la partition.

Quel est le ressenti des chanteurs ?

Beaucoup sont arrivés avec la conception traditionnelle d’un chant un peu court et serré. Je les ai incités à aller un peu plus loin et à rechercher une expressivité un peu plus germanique et ils ont tout de suite adopté cette vision qui enrichit le propos. Le Matrimonio n’est pas une farce. Nous n’avons pas encore travaillé avec l’orchestre mais quand il va entrer derrière eux, je suis certain qu’ils vont se fondre naturellement dans sa sonorité.

Un beau parcours d’apprentissage

1990
Naissance
Etudes de piano et de direction d’orchestre aux Conservatoires régionaux de Paris et Versailles et des Conservatoires royaux de Mons et Bruxelles.
Etudie l’histoire de l’art et la musicologie à la Sorbonne et à l’ULB.
2015
Dirige les Solistes de Moscou lors des demi-finales du Concours Tchaïkovski à Moscou.
2016
Assistant chef d’orchestre à l’Opéra royal de Wallonie.
Directeur musical du Namur Chamber Orchestra.
2017
Conférencier sur l’orchestre à l’IMEP.
2018
Enseigne le chant choral à l’IMEP.
2018/19
Dirige à l’ORW Il Matrimonio Segreto, l’opéra participatif Don Quichotte, la Messe en ut de Mozart à Genval et les épreuves et le concert de gala du Concours international d’art lyrique de Namur.

EN DIRECT de l’Opéra Royal de Wallonie: « Il Matrimonio Segreto » de Cimarosa

https://www.rtbf.be/musiq3/emissions/detail_soiree-opera/accueil/article_en-direct-il-matrimonio-segreto?id=10053276&programId=5729

Section Pédagogique de l’IMEP

Se former dans la section pédagogique de l’IMEP c’est…

  • Se former à enseigner et transmettre sa passion de la musique.
  • Acquérir une maîtrise suffisante de sa voix, de son corps et d’un instrument accompagnateur en tant qu’outil du musicien.
  • Faire des recherches et développer un intérêt pour d’autres champs musicaux.
  • Développer des techniques d’apprentissage pour favoriser la pratique musicale, l’ouverture culturelle, la créativité, la maitrise technique, l’intelligence artistique et l’autonomie.
  • Être souvent amené à aller sur le terrain et se retrouver rapidement en situation de stage.
  • Vivre, concevoir et mener des projets musicaux de qualité.
  • Devenir un acteur culturel dans la société.
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