• Partenaires

     
    Namur Confluent Culture
     
    WBI
     
    Les amis de l'IMEP
     
    WBI
     
     
     
     

Julien Jardon, compositeur de musique de film

grenzecho-20-08-2016-page-12

« Pour pouvoir composer la musique d’un film, on doit pouvoir bien cerner les tenants et aboutissants de celui-ci »

Originaire de Lambermont, Julien Jardon, étudiant à l’IMEP, est sur le point de se faire un nom comme compositeur de film. A 25 ans et déjà titulaire de trois « Master », il est déjà très sollicité et accepte de nombreuses commandes de producteurs de films. Sa tâche: en écrire la musique. L’unique quotidien de langue allemande en Belgique, le « Grenzecho », lui a rendu visite dans son studio à la maison.

Bien qu’il ait à peine dormi la nuit dernière, constamment axé sur de nombreux travaux, Julien est assis plein d’énergie sur sa chaise de bureau et parle avec ferveur de sa profession. Tout en nous déversant un flot d’explications intéressantes, il allume le grand écran de son Mac et illustre ses propos d’exemples sonores. C’est comme une présentation, les questions viendront plus tard. Son attitude comme son apparence sont celles d’un homme d’affaires: chemise blanche, pantalon beige, cheveux soigneusement peignés, rasé de près et sourire charmant. Qu’il travaille parfois à des commandes jusqu’à cinq heures du matin – quand une idée le saisit -, ou qu’il ne puisse s’endormir le soir sans musique ou bruit de fond, cela nous paraît totalement inimaginable. Et pourtant, c’est le cas – même si vous pouvez chercher en vain les cheveux ébouriffés ou les cernes chez ce jeune homme de 25 ans.

Dans la grande maison de la famille Jardon, dissimulée derrière une haute haie et parée d’arbres luxuriants, tout est silencieux. « Comment j’en suis venu à étudier la musique ? », nous explique alors Julien, tout en jouant avec une boîte de fil dentaire qu’il ouvre et referme en rythme. « Tous, dans ma famille – mes parents comme mes deux sœurs – sont musiciens professionnels à plein temps ». S’il ne fait pas de bruit avec des objets, il siffle ou fredonne doucement pour lui-même. Julien Jardon a commencé très tôt sa carrière musicale: à l’âge de trois ans, le fils de la maison apprenait déjà le piano avec des pianistes professionnels, puis le saxophone et la guitare électrique. Quand il repense à cette époque, il ne peut s’empêcher de sourire un peu et admet: « Quand j’étais petit, je préférais aller jouer au foot! ».

Il a commencé tôt : à trois ans, il apprenait déjà le piano. Le saxophone et la guitare électrique ont suivi.

Après ses études secondaires à Eupen, Julien se rend à Liège pour y étudier la guitare classique. Mais à cette époque, ce n’était pas encore tout à fait clair pour lui : « J’hésitais entre deux mondes, nous dit-il : d’une part celui de l’immobilier, et d’autre part, celui de la musique. » Il s’est finalement décidé pour la musique qui continue à être sa passion. Alors qu’il a grandi avec la musique classique et orchestrale, il se sent pourtant aussi des affinités pour la musique électronique. C’est ainsi qu’après ses premières études à Liège, il obtient un Master supplémentaire, en composition. Il habite maintenant à Namur, où il est inscrit à l’Institut de Musique et de Pédagogie dont son père est le directeur. Son diplôme d’Informatique musicale, obtenu il y a deux ans à peine, comprend, entre autres, la composition de musique de film. Les styles classique et électro s’accordent particulièrement bien au cinéma. […] Pour illustrer cela, il nous fait écouter la bande originale de « Inception ». Pour que le son soit clair et remplisse toute la pièce, une isolation acoustique matelassée a été suspendue aux murs et sur la porte, afin d’intercepter le son. Julien nous décrit l’ambiance sonore et définit les procédés de composition utilisés. « […] Après l’entrée des synthétiseurs, voici l’orchestre classique, mais lourdement retravaillé par ordinateur. C’est cela le monde de la composition. » Il n’a pas de pareil pour nous transmettre la passion qui l’anime et nous montrer combien le style classique se marie à merveille avec le remodelage informatique. La musique d’« Inception » a été une telle révélation pour lui que c’est depuis lors qu’il donne toute son énergie pour devenir également compositeur de musique de film.

Le métier qu’il a choisi est loin d’être facile et cool… Lorsqu’il a une commande, il doit d’abord s’adapter aux directives du producteur. Et cela peut parfois être un fameux défi !!! Cette année par exemple, il travaille entre autres avec Christian Charlier des Productions XACT à Eupen. Le photographe a tourné un documentaire sur l’histoire des « Porsche Alaska » des membres des Mike Tempels. Mais il lui manque encore la musique adéquate. Christian a dit à Julien: « La musique doit sonner exactement comme l’apparence de la voiture : vieille, rouillée et usée. » Comme toujours, Julien doit donc commencer par appréhender le film : « Il est essentiel d’avoir du talent afin de cerner le film et d’en comprendre les tenants et les aboutissants». Dès le premier soir, voilà Julien assis au clavier de son père : il pianote jusqu’à trouver la bonne mélodie. Car effectivement, l’inspiration ne tombe pas du ciel : « Il faut chercher, chercher, chercher », dit Julien Jardon. Et il poursuit : « On ne peut jamais dire que ça y est, que c’est bon ». Une fois qu’il a trouvé un thème « nu », comparable au refrain d’une chanson, vient alors la deuxième partie du travail d’écriture : l’orchestration et l’arrangement.

L’arrangement, c’est un peu comme la cuisine comme la cuisine : « On additionne les ingrédients et puis on commence à mélanger ».

« On détermine quel instrument joue quoi » explique l’étudiant. Pour cela, il écrit la partition via un programme informatique appelé Sibelius 7. Un simulateur interprète alors la partition en respectant les instruments sélectionnés par le compositeur. La partition terminée est d’ordinaire encore retravaillée par un ingénieur du son puis peut alors enfin être transmise au producteur. Parfois, Julien Jardon met quelques heures – comme pour le film documentaire de Christian Charlier – parfois plusieurs jours de travail pour être satisfait de lui. Le sommeil, ainsi que les loisirs ou les sports sont des atouts de luxe : pour décompresser il joue le dimanche à l’Airsoft, un sport de cross-country, similaire au paintball. Pour trouver l’équilibre dont il a besoin, il est également membre des DJ-Duos Stepanov & Bougini, mais s’impliquera bientôt aussi dans l’ensemble, par tous les moyens possibles, il est non seulement une partie du duo de DJ Stepanov Bougini, mais en outre, il sera bientôt, avec eux, parmi les grands à Hollywood. « Dans deux ans, j’aimerais partir une année en Amérique. Pour la musique de film, c’est la consécration ! » C’’est cela que je veux à tout prix tenter, et tout donner pour cela : pouvoir travailler pour quelqu’un. »

D’après l’article de Laura Knechtel dans le « GrenzEcho » du samedi 20 août 2016.

Section Pédagogique de l’IMEP

Se former dans la section pédagogique de l’IMEP c’est…

  • Se former à enseigner et transmettre sa passion de la musique.
  • Acquérir une maîtrise suffisante de sa voix, de son corps et d’un instrument accompagnateur en tant qu’outil du musicien.
  • Faire des recherches et développer un intérêt pour d’autres champs musicaux.
  • Développer des techniques d’apprentissage pour favoriser la pratique musicale, l’ouverture culturelle, la créativité, la maitrise technique, l’intelligence artistique et l’autonomie.
  • Être souvent amené à aller sur le terrain et se retrouver rapidement en situation de stage.
  • Vivre, concevoir et mener des projets musicaux de qualité.
  • Devenir un acteur culturel dans la société.
peda

Lire la suite…