Fabian Jardon prend officiellement la direction de l’IMEP

Rentrée 2026

Entretien

Le jour de la passation de direction, Fabian Jardon revient sur vingt-cinq années passées à l’IMEP, la transmission reçue de son frère Guido, l’évolution des étudiants et sa vision pour l’institution. Une même maison, donc, mais l’envie d’y écrire une nouvelle page.

Le piano, Fabian Jardon le doit en partie à son frère. « C’est par lui que j’ai découvert cet instrument qui me fait vraiment vibrer. » Il se souvient encore de la première fois où il a entendu un piano en concert, et surtout ressenti ses vibrations. Son frère a aussi été son professeur pendant dix ans, au conservatoire de Verviers. Puis leurs chemins se sont retrouvés à l’IMEP : collègues d’abord, directeur et ancien directeur aujourd’hui. « Jusqu’à présent, il a côtoyé toutes les facettes de ma vie professionnelle. »

Fabian Jardon connaît donc l’IMEP de l’intérieur. Il y enseigne depuis vingt-cinq ans et a vu plusieurs générations d’étudiants se succéder. Mais les jeunes musiciens ont changé. « Aujourd’hui, ils sont beaucoup plus dans une recherche de sens. Ils réfléchissent davantage à ce qu’ils veulent faire, à ce qui leur correspond. »

Des étudiants parfois moins dociles, aussi. Une évolution qui peut déstabiliser le professeur, mais qui, pour Fabian, constitue surtout une richesse. « Ils répondent davantage aux changements du monde. Et ça, c’est précieux. »

De professeur à directeur, le changement d’échelle est important. Sa priorité ? Faire travailler ensemble celles et ceux qui font vivre l’IMEP au quotidien : enseignants, équipe administrative, directions de département… « J’ai une vision assez holistique de l’institution. Pour moi, c’est un corps. Si une partie est en difficulté, c’est tout le corps qui en pâtit. »

 

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L’importance de la transmission

Au centre de ce corps, les étudiants. L’objectif est clair : leur donner les compétences nécessaires pour devenir des professionnels, tout en veillant à ce que le parcours reste vivant. « On peut être exigeant sans perdre le plaisir. »

Cette volonté de faire circuler les savoirs et les regards, Fabian l’a lui-même expérimentée pendant ses années à l’IMEP. Le contact avec des collègues issus d’autres disciplines a progressivement élargi sa manière de penser la musique et la pédagogie. « J’ai appris à ouvrir mes oreilles, ma sensibilité, mes compétences pédagogiques. » Devenu directeur de département, il a découvert d’autres problématiques, parfois très éloignées du piano. C’est justement ce qui lui a donné envie d’aller plus loin.

Aujourd’hui, il ne s’agit donc pas de repartir de zéro. « Je crois profondément à la transmission. J’ai énormément reçu : de mon frère, de mes professeurs, de mes collègues, de tous ceux que j’ai rencontrés ici. » À son tour, il souhaite transmettre, mais à une autre échelle : permettre à chacun de trouver sa place, faire dialoguer les compétences et accompagner l’IMEP dans son évolution.

Et dans quelques années, que voudrait-il que l’on retienne de son passage à la direction ? Une institution stable, qui ait pleinement intégré ses acquis, dans ses cursus comme dans ses bâtiments. Et surtout une ambition assumée : « Que l’IMEP soit devenue l’institution centrale de référence dans son domaine. »

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Rencontre avec Fabian Jardon