2

Rencontre avec Christophe Rousset

Interview

Avé l’énergie et l’ambition de la jeunesse!

Dans le cadre de la masterclasse organisée le 5 octobre dernier à l’IMEP, Christophe Rousset, claviniste et chef d’orchestre et  de renom, a accepté de répondre à quelques questions.

Vous avez consacré une grande partie de votre parcours à la transmission. Qu’est-ce qui vous paraît aujourd’hui essentiel dans la pédagogie musicale ?

Transmettre la flamme, sensibiliser à la beauté, faire comprendre que c’est à la portée du plus grand nombre – en fonction des possibilités de chacun évidemment, et que pratiquer soi-même est toujours préférable que d’être un simple spectateur.

Lors d’une master class, que cherchez-vous avant tout à transmettre aux jeunes musiciens : des connaissances, une méthode, une liberté d’interprétation… ou autre chose ?

Je cherche juste à ouvrir des portes, à montrer que l’amélioration est toute proche. Parfois un mot peut en déverrouiller une. Pour les instrumentistes c’est avant tout, ouvrir grand ses oreilles et développer le sens critique sur soi-même.

Votre travail est profondément ancré dans l’histoire de la musique. Quel regard portez-vous sur la manière dont les jeunes générations s’approprient aujourd’hui ce répertoire ?

Je remarque que les étudiants de ma génération étaient plus curieux. Ils allaient plus aux concerts, allaient faire des recherches en bibliothèque. Tout est aujourd’hui accessible sur Internet, mais l’océan des possibles peur aussi décourager. Et puis il est essentiel quand on veut se spécialiser en musique ancienne de se familiariser avec l’esthétique de l’époque et donc aller aux musées, lire du théâtre de l’époque et avoir une vie plus globale des expressions artistiques qui avaient un dénominateur commun, que l’on parle de la France, de l’Italie ou d’autres nations.

Dans un monde qui évolue rapidement, quelle place la musique et les artistes peuvent-ils, selon vous, continuer à occuper dans la société ?

C’est aux nouvelles générations de trouver leur place. Dans les années ´80 il n’y avait pas de place pour moi. Il est clair que les politiques réduisent les crédits mais quel nouveau venu a jamais pu prétendre y avoir droit à peine sorti de l’école. Il faut se relever les manches et prendre ce difficile problème à bras le corps – avé l’énergie et l’ambition de la jeunesse!

Si vous aviez un conseil à donner aux jeunes musiciens qui commencent aujourd’hui leur parcours, quel serait-il ?

Être fier du don que le Ciel a déposé en eux et de polir leur diamant avec patience et opiniâtreté, quoi qu’en dise Pierre Paul ou Jacques.

Crédit photos: Charlie Guillaume